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CHAPITRE I.

Antiquité de la Chapelle de N.-D.-des-Vertus sous le vocable de St-Barthélémy

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Saint-Barthélémy et l'époque Gallo-Romaine.

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Nos lecteurs savent déjà que ce vocable « Notre-Dame-des-Vertus » ne remonte pas

au delà du XVII siècle, et que, longtemps auparavant, notre chapelle exis

tait sous le patro

nage de l'apôtre

Saint Barthélémy.(1) D'après M. l'abbé Coulon, la chapelle Saint-Barthélémy (Notre-Dame-des-Vertus) serait plus ancienne que Saint-Thomas et Sainte-Colombe. « Les petites fenêtres romanes, dit-il, que j'ai trouvées en restaurant la chapelle en font foi ainsi que la porte à anse de panier.

« Que cet édifice ait été primitivement un petit temple payen, rien ne l'indique. Mais il existait avant l'usage des cercueils de granit coquiller : témoin le cercueil que j'ai trouvé gisant le long du mur méridional, qui fut coupé par moitié par la fondation du mur de la chapelle que j'ai fait construire; au côté gauche de cette petite chapelle, j'ai fait entrer, comme moellons, quelques débris de ce cercueil qui indiquent la place où il était » (2).

(1) Cf. Annales Fléchoises, T. 1, p. 26 et sq.

(2) Ces notes de M. Coulon, ancien curé de cette paroisse, sont conservées aux archives de la fabrique de Saint-Thomas.

Certes la découverte de ce cercueil n'implique nullement l'existence d'un édifice religieux de la même époque, elle apporte cependant une raison de plus à l'hypothèse exposée plus loin. Peut-être même aurait-on trouvé d'autres tombeaux, si les fouilles, au lieu d'être partielles, avaient compris tout l'enclos de Notre-Dame-des-Vertus ! Je dois avouer, au reste, que j'ai cherché partout ces moëllons indiqués comme débris de cercueil, et ne les ai pas retrouvés.

De son côté, M. de Montzey (1) ne repousse pas complètement l'opinion qui veut faire de Saint-Barthélémy un ancien temple romain. La découverte de poteries gallo-romaines, de tombeaux à auges en tous ces parages (2), donne de l'autorité. à cette opinion, car elle affirme l'existence d'un centre assez important à La Flèche même.

Luché (3) et Cré (4) étaient, on ne l'ignore pas, des stations gallo-romaines reliées entre elles par le Loir d'abord, et par la voie de César ensuite, voie, qui conduisait du Mans à Angers, et devait, d'après l'opinion la plus commune, passer au Gué-de-Verron (5). Or, à quiconque connait la topographie de ces lieux, il ne paraitra pas étrange de voir en Saint-Barthé

(1) Montzey. Histoire de La Flèche et de ses Seigneurs, l. 4. 5.

(2) Les fouilles les plus fructueuses eurent lieu dans le jardin appartenant aujourd'hui à Madame de Lignac, entre la rue Saint-Jacques et le Boulevard Latouche, le long de la rue de la Brasserie.

(3) Luché (Luppiacus) a été évangélisé par saint Turibe, évêque du Mans, à la fin du lle siècle ; c'est lui-même qui consacra sa nouvelle église, – Actes des évêques du Mans, édition de la Société des Archie. ves Historiques du Maine (1901), p. 41.

(4) Sur l'existence de la station gallo-romaine de Cré-sur-Loir, il faut lire la savante monographie que M. S. de la Bouillerie a faite de cette commune. Mamers, Fleury et Dangin (1891). Saint Romain serait venu évangéliser cette paroisse au IVe siècle.

(5) Ce gué, qui porte encore le même nom aujourd'hui, se trouro naval de notre ville, et immédiatement au delà du pont du chemin de fer.

lémy l'ancien temple d'une station gallo-romaine traversée par la route de Luché à Cré-sur-Loir.

Sans doute, plus tard, les besoins des temps forcèrent les villes et villages à se garder des surprises de la guerre; on se fortifia; les camps retranchés des Romains, tel celui de Cré (1), ne parurent plus suffisants, et on chercha dans le Loir un appui tout naturel. De là, nos seigneurs fléchois en vinrent à bâtir, au pont des Carmes actuel, cette forteresse, jusqu'au XVe siècle réputée inexpugnable. Dès lors le centre de la population se déplaça : la chapelle de Notre-Dame-du-Chef-du-Pont, que Jean de La Flèche éleva dans son château, attira de bonne heure la foule des pèlerins, et Saint-Thomas, bâti par Hélie, fils de Jean, rassembla à l'ombre de sa tour romane la majorité des habitants. Toutefois, malgré cet exode de ses paroissiens, Saint-Barthélémy subsistait toujours.

§ II.

Origine romane de Saint-Barthélémy,

son Portail.

Si l'opinion que je viens de présenter ne parait pas admissible, à savoir que notre chapelle faisait primitivement partie d'une station romaine, dont l'importance diminua peu à peu avec l'émigration de la population vers l'église Saint-Thomas, ou vers le château et sa chapelle; si même on ne peut affirmer avec certitude, comme le voudrait M. l'abbé Coulon (2), qu'elle soit plus ancienne que N.-D.-du-Chef-du-Pont et Saint-Thomas, il est, du moins , impossible de nier et de ne pas voir les marques de son origine romane.

Sans parler des fenêtres de la nef à la vérité retouchées lors de la restauration par M. Coulon, le

(1) Cf. Baron S. de la Bouillerie, Cré-sur-Loir, p. 8 et sq.

(2) Cf. Notes citées plus haut. - Archives de la fabrique de Saint-Thomas.

portail lui-même ne garde-t-il pas le cachet de son époque? Je n'en saurais donner plus exacte description que M. Clère (1):

« J'examinai d'abord le portail, dont le cintre, légèrement surbaissé, nous offre certainement un reste de l'architecture romane qui a perdu la pureté classique de la courbe latine et n'a pas encore trouvé l'inspiration spiritualiste de l'ogive. Ce portail, par la simplicité de deux colonnes basses et au tiers engagées qui l'accompagnent, le peu de grâce des chapiteaux ou quelques feuilles roides et presque informes recouvrent à peine la nudité du cône primitif, la grosseur de l'archivolte qui se courbe lourdement d'une imposte sur l'autre, et partout cet air d'ensemble sévère, qui semble accuser la vieillesse ou l'enfance robuste de l’art, ce portail, dis-je, peut bien être du XIe siècle et il a dû précéder cette époque glorieuse et nationale des anciennes annales fléchoises, que fit briller autrefois le génie du comte Hélie, et qui, après plusieurs siècles d'obscurité et de désastres publics, ne retrouve son pendant que sous Henri IV. »

M. Clère n'a oublié qu'une chose, bien importante cependant, puisqu'elle précise l'époque du portail, c'est de signaler à la base de chacune des colonnes , la griffe ou patte placée au seul angle saillant de la plinthe. En effet, « ce qui caractérise le mieux la base du XIIe siècle est une sorte d'appendice décoratif, de formes très diverses, placé aux quatre angles de la plinthe et servant à recouvrir la surface horizontale restée vide entre les côtés des angles de la plinthe et le tore inférieur. Cet appendice s'appelle griffe ou patte » (2).

Ces griffes sont très visibles et bien dessinées à

(1) Article de l'Echo du Loir déjà cité.
(2) Cours d'Archéologie religieuse par l'abbé Mallet, I, 189.

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