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Broc fit parvenir à « Monseigneur d'Angervilliers » (1), en son nom et au nom des habitants de Foulletourte et de Cerans (2), le Conseil du Roy maintint son arrêt dans toute sa teneur, avec les paroisses de La Fontaine-Saint-Martin et d'Oizė ( pour fournir les cheveaux de selle et voittures de charettes pour conduire et les officiers et leurs bagages pour ce qui s'en trouvoit aller du Mans à La Flèche, celles de Parigné-le-Pollin et d'Yvré-le-Pollin pour ceux qui monteroyent de La Flèche au Mans » (3).

H. ROQUET.

(A suivre.)

(1) Nicolas-Prosper Bauyn d'Angervilliers, ministre de la guerre de 1728 à 1740.

(2) Archives des Perrais, pièce papier.

(3) Archives de la Sarthe, fonds municipal, no 112. – La Province du Maine, 1848, p. 47. Lettre de Me Jean Pillot, procureur syndic de Cerans, à M. Samson de Lorchère, lieutenant général au siège présidial du Mans, du 27 mai 1755. « Il n'est pas si disgrassieux de voiturer que de loger, dit-il, puisque l'on est payé à voiturer au titre de l'ordonnance, et que l'on n'a rien pour le logement. »

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C'était au plus fort de la lutte entre les chouans et les soldats républicains ; l'ardeur était vive des deux côtés ; un parti en rencontrait-il un autre, point de merci.

De la Bretagne et la Vendée la lutte avait gagné les départements voisins, et, notamment dans la partie angevine de la Sarthe, on se livrait journellement des combats fort meurtriers. Parfois cependant il se produisait des actes de générosité qui consolaient un peu de ces rivalités attristantes.

C'est ainsi que dans la commune de Crosmières un chef de chouans , nommé Bureau, et un bleu, du nom de Jean Pottier, en donnèrent un bel exemple.

Bureau, arrivé un matin aux environs du bourg, quitte son détachement, et, passant près d'une ferme isolée, il y entre. I'n bleu y jouait avec les enfants de la maison pendant que leur mère vaquait aux soins du ménage. La femme, veuve, était la sœur, et les enfants étaient les neveux de cet homme, nommé Jean Pottier, qui était réputé comme un ennemi acharné des chouans.

Heureux de tenir son adversaire à sa discrétion, Bureau lui ordonne de sortir immédiatement. Pottier, sentant que toute résistance est inutile, se lève tranquillement et sort après avoir embrassé la femme et les enfants qui s'attachent désespérément à lui. Très calme, il se place contre un arbre. Bureau le met en joue, mais .... ne tire pas. « Non, dit-il, je ne puis me résoudre à tuer un ennemi sans défense; prends le chemin de traverse, aucun des miens ne se trouve de ce côté, .... point de remerciments, le temps presse; adieu ! »

Le soldat républicain étonné lui dit en s'en allant : ( Merci ! si j'ai l'occasion de te rendre service, tu peux compter sur moi ! » et il se dirigea rapidement vers le chemin que Bureau lui avait indiqué.

Ce fut au milieu des larmes et des rires que la femme et les enfants remercièrent cet homme généreux; mais il s'arracha à leurs témoignages de reconnaissance et ne reparut plus dans la contrée.

La guerre continua pendant longtemps encore et nul de ces deux hommes n'avait le temps de s'enquérir du sort de l'autre.

Un jour, à une grande distance de Crosmières, Bureau, qui luttait avec une belle insouciance, se trouva, lui et les siens, aux prises avec un nombre de bleus bien supérieur. La lutte fut chaude, et Bureau, qui s'était plus exposé, fut fait prisonnier. Il arrivait fréquemment, des deux côtés, que, pour ne pas s'en barrasser des prisonniers, on les fusillait sans retard ; .... c'était moins humain, mais c'était plus commode .... On l'emmena donc pour procéder à son exécution. « Allons, mon gars, dit le chef du groupe, quand ils furent arrivés à l'endroit choisi, allons, prépare-toi à mourir! » Bureau se recueille un instant, puis il a vertit ses vainqueurs qu'il attend la mort. << Camarades, dit le chef des bleus, préparez-vous à le fusiller! » Quelques soldats s'approchent de lui pour le placer convenablement. Mais voilà que l'un d'eux le dévisage, le reconnait, le presse dans ses bras : « Non, dit-il à ses camarades, non cet homme ne mourra pas, cela n'est pas possible, vous ne le voudrez pas, mes amis. Je suis tombé entre ses mains il y a trois mois, il m'a sauvé de la fureur des siens et de sa propre fureur; la reconnaissance me fait un devoir de lui rendre le même service; vous ne me forcerez pas à manquer à un devoir sacré. » C'était Jean Pottier qui venait de reconnaitre Bureau.

Il raconte à ses compagnons l'épisode de la ferme de Crosmières. « Qu'il soit libre, s'écrient les soldats, un tel bienfait ne peut être payé que par un bienfait semblable ! » Alors chacun s'empresse de détacher les liens de Bureau. Le vainqueur et le vaincu se jettent de nouveau dans les bras l'un de l'autre, et le chef des chouans, après avoir remercié les bleus, prend à son tour un chemin de traverse qu'ils lui indiquent comme une voie sûre.

GENEST-FLEURY.

• PAGES OUBLIÉES

A LA RIVIÈRE DU LOIR

Respon-moy, meschant Loir, me rens-tu ce loyer
Pour avoir tant chanté ta gloire et ta louange?
As-tu osé, barbare, au milieu de ta fange
Renversant mon bateau, sous tes flots m'envoyer?

Si ma plume eust daigné seulement employer
Six vers à célébrer quelque autre fleuve estrange,
Quiconque soit celuy, fust-ce le Nil ou Gange,
Le Danube ou le Rhin, ne m'eust voulu noyer.

Pindare, tu mentois, l'eau n'est pas la meilleure
De tous les élémens : la terre est la plus seure,
Qui de son large sein tant de biens nous départ.

O fleuve stygieux, descente acherontide,
Tu m'as voulu noyer de ton chantre homicide,
Pour te vanter le fleuve où se noya RONSARD.

RONSARD.

Euvres choisies de P. de Ronsard, par M. Louis Moland. - Paris, Garnier frères, éditeurs, 1879, p. 319.

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