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ESSAI

SUR

L’ART

DES JARDINS MODERNES.

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ART des Jardins a succedé vraisemblablement un des premiers à celui de la Bâtisse, & il a dû naturellement suivre la propriété & la possession individuelle. Les herbes de

cuisine & ensuite les plantes médicinales étoient l'objet des soins de chaque chef de famille: il convint de les avoir à portée sans les chercher au hazard dans les bois, dans les prairies, sur les montagnes chaque fois qu'on en avoit besoin. Quand la terre cessa de fournir spontanément toutes ces premieres commodités & qu'elle eût besoin de culture, il parut à propos d'avoir des enclos séparés pour élever des plantes. Les fruits étoient en même considération & ceux qui sont le plus d'usage ou qui demandent le plus d'attention durent entrer dans ces enclos domestiques & en augmenter l'étendue. Le bon homme Noé, nous dit-on, planta la vigne, bût du vin & s'enyvra; & chacun sçait les conséquences. Nous eûmes donc des vineyards. I am apprized that the prototype of all these forts was the garden of Eden; but as that Paradise was a good deal larger than any we read of afterwards, being inclosed by the rivers Pison, Gibon, Hiddekel, and Euphrates, as every tree that was pleasant to the hght and good for food grew in it, and as two other trees were likewise found there, of which not a Nip or fucker remains, it does not belong to the present discussion. After the fall no man living was suffered to enter into the garden; and the poverty and necessities of our first ancestors hardly allowed them time to make improvements on their estates in imitation of it, supposing any plan had been preserved. A cottage and a hip of ground for a cabbage and a gooseberry-bush, such as we see by the fide of a common, were in all probability the earliest seats and gardens: a well and bucket succeeded to the Pifon and Euphrates. As settlements increased, the orchard and the vineyard followed; and the earliest princes of tribes possessed just the necessaries of a modern farmer.

potagers,

Matters, we may well believe, remained long in this ftuation; and though the generality of mankind form their ideas from the import of words in their own age, we have no reason to think that for many centuries the term garden implied more than a kitchen-garden or orchard. When a

Frenchman potagers, des

vergers, & des vignobles. On m'a appris que le modéle de toutes ces espèces de Jardins fut le Jardin d'Eden; mais comme ce Paradis étoit beaucoup plus vaste qu'aucun Jardin connû après lui puisqu'il comprenoit quatre fleuves, le Pison, le Gihon, l'Hiddelkel & l’Euphrate; comme aussi on y trouvoit toute espèce d'arbre ou agréable à la vue ou produisant un bon fruit; comme enfin on y voyoit auffi deux autres arbres dont il ne reste ni rejetton ni plant, il ne sçauroit appartenir à la discussion présente. Après la chûte d’Adam l'entrée du Jardin fut interdite à tout homme vivant; & la disette & les besoins de nos premiers ancêtres leur laissérent peu le loisir de faire quelques travaux sur leurs terres en imitation de l'Eden, supposé qu'ils en eussent conservé quelque plan. Une chaumiére & une piéce de terre plantée de choux & de groseilliers comme nous voyons chés les petites gens, furent vraisemblablement les premiers Châteaux & les premiers Jardins : un puits & un bacquet succédérent au Pison & à l’Euphrate. A mesure

que

les établissemens s'accrurent, on eut des vergers, des vignobles; & les anciens chefs de tribus poffédérent précisement le nécessaire d'un fermier d'aujourdhui.

On peut croire que les choses restérent longtems de la sorte; & quoiqu'en général les hommes forment leurs idées sur la signification actuelle des mots qu'ils emploient, nous n'avons aucune raison de penser que pendant nombre de fiecles, on entendit par Jardin autre chose qu'un potager ou

B

un

Frenchman reads of the garden of Eden, I do not doubt but he concludes it was something approaching to that of Versailles, with clipt bedges, berceaus, and trellis-work. If bis devotion bumbles bim so far as to allow that, conhdering who depgned it, there might be a labyrinth full of Æsop's fables, yet be does not conceive that four of the largest rivers in the world were half

so magnificent as an hundred fountains full of statues by Girardon. It is thus that the word

garden bas at all times passed for whatever was understood by that term in different countries. But that it meant no more than a kitchen-garden or orchard for several centuries, is evident from those few descriptions that are preserved of the most famous gardens of antiquity.

That of Alcinous in the Odyssey is the most renowned in the heroic times. Is there an admirer

Is there an admirer of Homer who can read bis description without rapture; or who does not form to bis imagination a scene of delights more picturesque than the landscapes of Tinian or Juan Fernandez? Yet what was that boasted Paradise with which

the gods ordain'd To grace Alcinous and his happy land ? Pope. Why, divested of barmonious Greek and bewitching poetry, it was a small orchard and vineyard, with some beds of herbs and two fountains that watered them, inclosed within a

quickset

moins ne poura

le mot

un verger. Quand un François parle du Jardin d'Eden, je ne doute pas qu'il n'en fasse quelque chose d'approchant du Jardin de Versailles avec de hautes palisades, des berceaux & des treillages. Si fa dévotion le détermine à convenir humblement en consideration du dessinateur, qu'il pouvoit s'y trouver un labyrinthe meublé des fables d'Esope, du

t-il pas s'imaginer que quatre des plus grands fleuves du monde eussent la moitié autant de magnificence qu'une centaine de fontaines avec des statues de Girardon. C'est ainsi que dans tous les tems on s'est fait l'idée d'un Jardin selon ce qu'on entendoit alors par Jardin dans chaque pays. Mais que pendant plusieurs siécles ce ne fut autre chose qu'un potager ou un verger, celà est évident

par
le

peu de descriptions qui nous restent des fameux Jardins de l'antiquité.

Celui d'Alcinous dans l'Odyssée est le plus renommé dans les tems héroiques. Y a t-il quelque admirateur d'Homère qui puisse en lire la description sans enthousiasme; & qui ne se forme l'idée d'un site delicieux plus pittoresque que les vues de Tinian ou de Juan Fernandez? & cependant qu'étoit-ce que ce Paradis fi vanté?

dont voulurent les dieux Douer Alcinous & fon domaine beureux. Pope. Dépouillé de l'illusion harmonieuse de la poësie Grecque, ce n'étoit qu'un verger & qu’un vignoble avec quelques quarreaux de légumes & deux fontaines pour les arroser, le

tout

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